À l'attention des futurs correspondants de prison bénévoles

correspondant de prison

LE RÔLE DU CORRESPONDANT DE PRISON AUXILIA

Les personnes en situation de détention, qu’elles soient prévenues ou condamnées, font souvent une demande d’inscription à des formations par correspondance (gratuites) avec l’association Auxilia.

Pour occuper leur temps en cellule, parce qu’ils travaillent en atelier et ne peuvent pas suivre de cours à l’école, parce qu’ils en ont besoin dans le cadre de leur projet de réinsertion et toujours avec l’espoir d’obtenir des remises de peine supplémentaires lors de leur demande d’aménagement de peine.

Entre la première démarche et l’inscription définitive, nombreux sont ceux qui reçoivent le dossier d’inscription et renoncent pour des raisons diverses.

La présence d’un correspondant de prison Auxilia agréé, qui fait le lien avec le(s) formateur(s) à distance, permet d’apporter des explications, de relancer les apprenants hésitants, de remotiver les découragés, parfois d’expliquer la correction des exercices. Parfois, tout simplement, il s’agit de s’assurer du bien-fondé de la formation demandée et, dans certains cas, de proposer une formation plus adaptée après discussion sur le projet de l’apprenant, toujours en liaison avec le Conseiller Pénitentiaire d’Insertion et de Probation (CPIP).

Entrer dans une prison avec la volonté d’aider ceux qui nous font confiance n’est pas une démarche neutre. Il faut s’armer de patience pour supporter certaines lenteurs de l’Administration Pénitentiaire : des attentes très (trop) longues pour « obtenir » un détenu, parfois des remarques désobligeantes des surveillants, les refus de rencontre des apprenants, etc.

À côté des aspects négatifs existent aussi des moments de satisfaction : une personne incarcérée vous remercie du fond du cœur de ce que vous avez fait ou même simplement du temps que vous lui avez accordé ; telle autre vous fait part de son succès à un examen et vous demande de remercier ses formateurs.

 

QUI RENCONTRER EN TANT QUE CORRESPONDANT DE PRISON ET POURQUOI ?

  • Un détenu a manifesté l’intention de s’inscrire à des formations par correspondance, en écrivant directement à AUXILIA. Le correspondant est avisé par mail par le siège de l’association qu’un dossier d’inscription a été envoyé au détenu avec des tests et qu’il serait souhaitable de le rencontrer pour préciser son projet et lui expliquer notre fonctionnement. L’entretien sera conduit en s’inspirant de la « fiche de première visite ».
  • Un formateur-enseignant (FE) vous a sollicité pour rencontrer un apprenant afin de savoir pourquoi le dernier exercice envoyé n’est toujours pas revenu. Pourquoi l’apprenant reste silencieux depuis longtemps, pour l’aider à obtenir du matériel nécessaire à ses exercices ou recherches (ex : équerre, rapporteur, calculatrice…).
  • C’est votre choix de rencontrer un apprenant, car vous avez constaté que le dernier échange de courrier avec le FE remonte à plus d’un mois.
  • À la demande d’un détenu, du Responsable Local de l’enseignement (RLE), du CPIP à travers la boite aux lettres Auxilia interne de l’établissement pénitentiaire.

LES RAPPORTS AVEC L’ADMINISTRATION PÉNITENTIAIRE (AP)

  • Le service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP - directeur et conseillers) est l’interlocuteur privilégié. C’est souvent lui qui vous donnera l’autorisation de rencontrer un détenu, mais la procédure dépend des prisons et il n’y a pas de règles générales communes.
  • Le responsable de l’unité locale d'enseignement, communément appelé RLE (responsable local de l’enseignement) est un enseignant de l’Éducation Nationale. Il en existe dans toutes les prisons, car chaque établissement a une « école » avec des enseignants. Entretenir de bons rapports avec lui est fondamental.

 

Enfin, entrer en détention oblige à respecter un code de déontologie et s’engage à respecter scrupuleusement le règlement intérieur de l’établissement

 

Cf. Décret n° 2010-1711 du 30 décembre 2010 portant code de déontologie du service public pénitentiaire

DÉMARCHES ADMINISTRATIVES POUR L’AGRÉMENT

Vous serez conseillé par le correspondant de prison régional ou par une personne du siège de l’EAD. Il faut bien sûr disposer d’un casier judiciaire vierge, remplir un dossier, écrire une lettre de motivation, etc.

 

Devenir correspondant de prison nécessite différents engagements qui permettent d’échanger avec des pairs, de se former, de participer au développement du projet associatif et, en particulier :

  • Participer et représenter Auxilia auprès des associations locales intervenant dans l’établissement (ex : accueil familles, relais parents enfants, ANVP - Association Nationale des Visiteurs de Prison…) ;
  • Participer aux différents temps d’échanges organisés par Auxilia localement ou au niveau national (ex. week-end annuel des responsables) ;
  • Participer aux réunions AP-VISITEURS prévues dans la convention de partenariat AP/Auxilia ;
  • Remplir le compte rendu annuel d’activité qui nous permet de valoriser, auprès de l’Administration Pénitentiaire, l’accompagnement que nous proposons aux détenus ainsi que le temps passé par les bénévoles pour en assurer le suivi ;
  • Il est souhaitable que le correspondant de prison Auxilia adhère à l’ANVP locale pour ne pas être seul et bénéficier des formations internes ;
  • Adhérer chaque année à l’association Auxilia.

 

 

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